Nous voici donc arrivés au troisième article. Il s'agit là d'une histoire en un seul chapitre (soit un one-shot) que j'ai écris il y a de ça un petit moment. Je suis d'ailleurs en train d'en faire une histoire plus longue, ayant eu subiemment une idée, le premier chapitre est donc en cours d'écriture. Je dois dire que j'affectionne particulièrement cette histoire et que je prends beaucoup de plaisir à réécrire ce chapitre. J'espère qu'il vous plaira.Brasiers enneigés :
Je suis née dans un petit village entouré de moitié par des falaises
Falaises sur lesquelles s'étendait une forêt si vaste
Que même en grimpant au sommet d'un de ses arbres
On ne pouvait en voir le bout.
L'hiver, la neige recouvrait ce paysage d'un voile blanc
Aussi pure que la lumière du soleil.
Je passais la plupart de mon temps libre dans la forêt
A jouer avec un loup solitaire
Avec lequel je m'étais liée d'amitié.
Les jours s'écoulaient paisiblement.
J'aurais pu vivre ainsi toute ma vie
Mais un jour, tout bascula...
Cela se passa il y a treize ans, pourtant je m'en souviens comme si c'était hier. A l'époque j'avais douze ans et j'habitais dans une maison de taille moyenne avec ma mère et mon grand frère, âgé alors de quinze ans. Il était assez protecteur avec moi, peut-être un peu trop même. Il me défendait à chaque fois, lorsque certains garçons de ma classe se moquaient de moi. J'avais beau lui répéter que je pouvais me défendre seule, il n'en faisait qu'à sa tête. Mais je lui étais quand même reconnaissante de ce qu'il faisait.
La chose dont je me souviens le mieux, c'est à quel point je l'aimais, même si parfois il prenait un malin plaisir à me faire enrager. Aaaah ! Ce qu'il pouvait m'énerver dans ces moments là ! Mais il trouvait toujours un moyen de se faire pardonner. D'ailleurs, ce matin là, il m'avait tellement énervée que je lui avais dit que je le détestais, ce qui était totalement faux. Après ça, j'avais attrapé le sac dans lequel se trouvait mon déjeuné, j'avais enfilé mon manteau (il faisait vraiment très froid en hiver dans cette région, je m'étais donc chaudement habillée) et j'étais sortie en claquant la porte derrière moi. J'étais ensuite partie en direction de la forêt où je jouais tous les jours avec Pilou, un jeune loup.
Je mis un petit moment à calmer ma colère, et dès qu'elle fut apaisée je me mis à regretter de lui avoir dit une telle chose.
« Je lui demanderai pardon dès que je serai rentrée ! » Pensai-je alors.
Cela avait dû le surprendre et même le blesser de m'entendre lui dire ça. C'était d'ailleurs la première fois que je lui disais une chose pareille... et la dernière.
Plus j'avançais, et plus le regret que j'éprouvais grandissait. C'était décidé, je lui achèterai un cadeau en rentrant pour m'excuser.
J'étais à présent arrivée dans la forêt, et ce, après avoir gravis un escalier construit dans la roche il y a bien longtemps par les premiers habitants du village. Je me mis alors à appeler Pilou pour qu'il me rejoigne.
Je l'avais rencontré deux ans auparavant. Il avait sans doute été abandonné par sa meute car il était toujours seul, jamais je ne le vit avec un autre loup. Au début méfiant, il s'était ensuite rapidement laissé approcher voyant bien que je ne lui voulais aucun mal. Pilou fut le premier nom auquel j'avais pensé et je n'étais pas allé chercher plus loin même s'il, je dois l'avouer, n'est pas vraiment original. Il s'était rapidement habitué à ce nom et maintenant, il y répondait à chaque fois que je l'appelais. En plus de cela, ce nom semblait lui plaire.
Je continuai de marcher, m'enfonçant de plus en plus profondément dans la forêt, à la recherche de celui que je considérais comme mon meilleur ami. Il était d'ailleurs l'un des seuls amis que je n'avais. Pas que je sois associable, mais j'étais plutôt du genre discrète et, donc, les enfants de mon âge de s'intéressaient pas vraiment à moi sauf, bien sûre, quand il s'agissait de se moquer.
« Pilou ! Pilou ! Où es-tu ? » Criai-je en regardant autour de moi.
J'entendis alors un léger bruit venant de ma droite, suivit de faibles jappements. Il m'avait entendu et approchait. Peu après, il apparut devant moi. Il avait maintenant la taille d'un loup adolescent. Visiblement heureux de me voir, il me sauta dessus, me faisant ainsi basculer en arrière, dans le but de me lécher le visage. Je me trouvai à présent étalée de tout mon long dans la neige qui me glaça les jambes, les mains et la tête, le reste de mon corps étant protégé par mon long manteau noir.
« Ha ha ha ! Du calme Pilou ! Ha ha ! Non, arrêtes ! Tu vas me recouvrir le visage de bave ! », arrivai-je à articuler alors que j'étais prise d'un fou rire.
Il cessa finalement de me lécher et s'écarta légèrement de moi, me permettant ainsi de me relever. Je me mis alors à genoux et caressa vigoureusement le pelage de Pilou qui bougeait frénétiquement la queue, signe qu'il appréciait mes caresses.
« Aaaah ! Si tu savais comme je t'aime Pilou. Que ferais-je si je ne t'avais pas ? », déclarai-je avant de lui déposer en gros baisé sonore sur le front.
« Tu sais, ce matin je me suis disputée avec mon grand frère, racontai-je. Je lui ai même dit que je le détestais » J'affichai alors une mine triste.
Pilou s'approcha de moi, les oreilles baissées, ayant sentis ma tristesse. Je le trouvai si mignon ainsi que cela fit disparaître complètement mon sentiment de tristesse. Je me relevai alors vivement, ce qui surprit le jeune loup qui fit un bond en arrière. Un sourire radieux se dessina sur mes lèvres.
« Mais ce n'ai pas grave, déclarai-je en penchant un peu vers l'avant pour regarder Pilou, toujours souriante. Parce qu'il me pardonnera dès que je lui dirais que je regrette ! »
Pilou émit un jappement approbateur qui me donna l'impression qu'il comprenait ce que je lui disais.
Je me mis ensuite à courir suivit de près par Pilou. Nous jouâmes ainsi durant plusieurs heures. Nous nous poursuivions à travers les bois, nous roulions par terre et jouions à foule d'autres jeux que nous trouvions tout aussi amusants.
Nous finîmes tout de même par nous arrêter, la faim se faisant sentir. Je m'assis alors dans la neige, m'adossant contre un arbre et sortis mon déjeuné du sac en bandoulière que j'avais autour du cou. Celui-ci était composé d'un sandwich au jambon et d'une belle pomme bien juteuse que je mangeai avec appétit. Après cela, je sortis la bouteille d'eau que j'avais mise aussi dans mon sac avant de partir ce matin, et bu quelques gorgés. Je remarquai alors que Pilou me regardait avec envie.
« Ah, oui ! C'est vrai ! Tiens, j'ai pris ça pour toi. », lui dis-je en lui tendant un beau morceau de viande.
Pilou l'attrapa et le mangea avec une étonnante rapidité.
« Et bien ! Tu devais vraiment avoir faim ! », déclarai-je en le voyant se lécher les babines.
Il s'approcha ensuite de mon sac, le renifla et mis son museau à l'intérieur, cherchant un autre morceau de viande.
« Ah ! Désolé Pilou, mais je n'ai rien d'autre » M'excusai-je tout en lui caressant la tête.
Il sembla déçu ce qui me conforta dans l'idée qu'il comprenait ce que je lui disais. Quand j'y repense, je me dis que c'était impossible qu'il comprenne mes mots, mais il devait sentir si ce que je lui disais était gentil ou méchant et si ma réponse était affirmative, ou négative. Il devait sentir aussi mes émotions, cela expliquerait le fait qu'il semblait triste lorsque je l'étais. Mais l'idée qu'il me comprenne me plaisait tellement qu'il est fort possible que j'ai déformé mes souvenirs pour qu'ils soient comme je le voulais.
Après cette petite pause déjeuner nous reprîmes nos jeux et ce jusqu'à ce que Pilou commence à agir bizarrement.
Nous étions entrain de jouer, à moitié allongés dans la neige quand Pilou redressa d'un coup la tête, les oreilles dressées, il semblait humer l'aire. Quelque chose avait attiré son attention. Je remarquai alors que le jour était entrain de se coucher, laissant place peu à peu à l'obscurité de la nuit.
« Oh non ! Il doit être tard ! Je dois rentrer ! », m'exclamai-je avant de me relever.
Ce mouvement fit reporter l'attention de Pilou sur moi. Me voyant partir soudainement en courant, il s'élança à ma suite et, arrivé à ma hauteur, il se mit à mordre mon pantalon m'empêchant ainsi d'avancer.
« Lâche-moi Pilou ! Je dois rentrer chez moi, mais je reviendrai demain. Promis ! »
Voyant qu'il refusait de me lâcher, je forçai un peu mais cela ne servit à rien. J'haussai alors la voix.
« Pilou, lâche-moi ! TOUT DE SUITE ! »
Ce dernier finit par obtempérer. Je repris alors ma course sachant pertinemment que j'allais me faire gronder par ma mère pour mon retard. Elle n'aimait pas plus que ça que je passe mes journées dans les bois, accompagné d'un loup de surcroît.
Pilou me suivait toujours, courant à ma vitesse. Je n'étais à présent plus très loin de la lisière de la forêt quand quelque chose m'alerta : une odeur de brûler flottait dans l'air. J'accélérai ma course, un mauvais pressentiment me nouant l'estomac.
Quand je fus sorti de la forêt je vis ce que je redoutais. Le village était en feu !
Cette vision me glaça d'effroi. Les yeux grand ouverts, je restai figée durant plusieurs minutes avant de me reprendre et de réaliser ce qu'il était entrain de se passer.
« Maman... grand frère ! »
Je me remis alors à courir et dévalai les escaliers si vite que je faillis tomber à plusieurs reprise. Cette fois ci, Pilou ne put me suivre, mais même s'il l'avait pu il ne l'aurait pas fait, les flammes l'effrayaient beaucoup trop. Il resta donc en haut de la falaise à observer ce sinistre spectacle.
Je me trouvais à présent devant mon village en feu. Les flammes s'élevaient à plusieurs mètres au-dessus. Personne n'aurait été assez fou pour pénétrer là dedans. Personne... à part moi.
Dans l'état de panique dans lequel je me trouvais, il m'était impossible de réfléchir. Si bien que je fonçai tête baissée dans cet immense brasier, dans le but de venir en aide à ma famille ou à toute autre personne du village qui croiserait mon chemin.
A peine étais-je entrée que le nuage de fumé qui s'était formé commença à m'asphyxier. Mais cela ne me stoppa pas pour autant. Je plaquai un bras contre ma bouche pour respirer le moins de cet air possible.
« MAMAAAAAN ! GRAND-FREREEEEE ! », hurlai-je désespérément, espérant de tout mon c½ur les entendre me répondre.
Mais rien, tout ce que j'entendais c'était le crépitement des flammes. J'avais de plus en plus de mal à respirer et ma vision se troublait. De plus, mes yeux me piquaient horriblement, au point que j'en pleurais ! J'étais entrain d'étouffer.
« MAAAMAN... - je toussai - Grand-frè... re... - je toussai à nouveau. »
Je suffoquais et à présent, je n'arrivais pratiquement plus à respirer. Je tombai à genoux lorsque j'entendis Pilou hurler au loin. Cela me redonna du courage. Je tentai alors de me relever mais n'y arrivai pas, n'ayant pratiquement plus de force. Je m'affaissai alors et me recroquevillai sur moi-même avant d'exploser en sanglots. Puis, quelques instants plus tard, je sombrai dans l'inconscient.
Lorsque je me réveillai le lendemain, j'étais allongé dans un lit dans une pièce entièrement blanche. J'avais l'esprit encore embrumé, il me fallut donc plusieurs minutes pour émerger totalement et me rappeler les événements de la veille. Je me relevai alors précipitamment et sortis du lit. Mais à peine avais-je touché le sol que je tombai, n'ayant plus aucune force dans les jambes. Je remarquai alors que l'un de mes bras était bandé. J'avais sûrement dû me brûler.
Réalisant soudainement que ma mère et mon frère étaient sûrement mort je me mis à pleurer en silence, seule sur le carrelage froid de cette pièce inconnue.
Ensuite, quelqu'un était rentré dans ma chambre, un homme d'une trentaine d'années je crois. C'était lui qui m'avait sauvé la vie et amené ici, à l'hôpital de la ville la plus proche de mon ancien village. Il me raconta qu'il avait aperçu les flammes alors qu'il se baladait dans la forêt et que, malheureusement, il n'avait trouvé que moi comme survivante. Je le harcelai alors de questions sur ce qu'il allait se passer maintenant, je lui demandai s'il savait qui avait fait ça et pourquoi. Mais il n'en savait rien, et nous n'en sûmes jamais rien.
Après ça, je fus adoptée par un jeune couple qui désirait avoir des enfants mais ne le pouvait pas. Et je grandis ainsi, élevée avec amour par ces deux personnes que je considérais maintenant comme mes parents, même si je n'oublierai jamais ma vraie mère et mon frère.
Grâce à eux je pus renouer avec le bonheur, mais, malgré ça, deux questions me hantèrent et me hantent toujours depuis ce jour. Qui et pourquoi ?
Je suis née dans un petit village entouré de moitié par des falaises.
Falaises sur lesquelles s'étendait une forêt si vaste
Que même en grimpant au sommet de l'un de ses arbres
On ne pouvait en voir le bout.
L'hiver, la neige recouvrait ce paysage d'un voile blanc
Aussi pure que la lumière du soleil.
Je passais la plupart de mon temps libre dans la forêt
A jouer avec un jeune loup solitaire
Avec lequel je m'étais liée d'amitié.
Les jours s'écoulaient paisiblement.
J'aurais pu vivre ainsi toute ma vie.
Mais ce jour là,
La vie m'a rappelé cruellement
Que rien n'est éternel.